Quand les dirigeants européens méprisent le peuple irlandais

octobre 12, 2008 par castorpolitique

Cet article est une traduction de la première partie de Irish people reject Lisbon Treat and European Leaders reject Irish People écrit par Sean Dunne et paru dans Zmagazine de septembre.

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Raymond Crotty est un fermier de Kilkenny qui a étudié l’économie pour devenir un universitaire et un activiste politique. En 1987, il observe avec inquiétude l’Irlande devenir membre de l’Union Européenne et engage des poursuites contre le gouvernement. Le résultat du jugement Crotty vs Taoiseach oblige le gouvernement irlandais à tenir un référendum lors de chaque modification des objectifs et traités de l’Union Européenne.

La lutte de Crotty pour la souveraineté irlandaise a obtenu des résultats extrèmement importants, au grand déplaisir de certains chef de file européens. Sa victoire a donné la possibilité au peuple irlandais de voter sur le traité de Lisbonne. Alors que le traité doit s’appliquer aux 27 pays de l’Union, seul les Irlandais ont obtenu le droit de voter à son sujet. Dans les autres pays de l’Union Européenne, ce sont les parlements qui ratifient le traité, ce qui a déjà eu lieu dans 23 pays alors que l’Italie devrait le faire bientôt.

Avant que les Irlandais ne prennent le chemin de l’isoloir, la pression venait à la fois des leaders européens et de l’establishment local. Un groupe comprenant 95 % des élus, des grands groupes industriels et des grands syndicats, des plus grandes organisations d’agriculteurs et de quelques autres associations appelaient à voter « oui ». L’Irish Times publiait des éditoriaux titrant Un oui est impératif tandis que l’Irish Independant écrivait On a besoin d’un Oui. Après qu’un sondage de l’Irish Times/TNS MRBI suggéra peu avant le référendum que le Non pouvait l’emporter, un éditorial de l’Irish Times demanda : Sommes-nous devenus fous.

Beaucoup ont du croire qu’une telle pression allait produire un puissant OUI ! Mais le peuple Irlandais a répondu brillamment en rejetant le traité par 53,4 %. Un sondage qui suivit de près le référendum a révélé de profondes divisions de classe, la classe des salariés rejetant le traité à une très importante majorité.

L’alliance hétéroclite qui a fait campagne contre le traité est venu d’une grande variété de milieu sociaux et politiques. Des associations de gauche telle que People Before Profit, le Parti Socialiste, le Sinn Féin, le Workers Solidarity Movement et le People Movement se sont attaquées à des points précis du traité. Ces groupes de gauche ont été rejoints par des groupes de droite comme Coir et le nouvellement formé Libertas Party.

Le premier ministre Brian Cowen a admit ne pas avoir lu entièrement le traité tandis que le ministre des finances — actuel lement commissaire européen– Charlie McCreevy affirmait que « seul un fou le lirait ». La présentation parcellaire et confuse du traité de Lisbonne était très différente de la constitution européenne publiée en 2005 et qui était devenue un bestseller en France, permettant au peuple français de comprendre ce sur quoi ils devaient voter.

La comparaison est éclairante. Les électeurs français avaient rejeté la constitution le 29 mai 2005 avec une participation record de 70% et les Allemands les avaient rapidement suivis le premier juin. Ces votes négatifs avaient forcé d’autres pays européens de repousser leurs propres référendum, sans toutefois décourager totalement les dirigeants européens. Alors que la constitution nécéssite l’organisation de référendum pour pouvoir être signée par la plupart des pays européens, ce n’est pas le cas des traités. Plutôt que de poursuivre une stratégie risquée où les peuples ont leurs mots à dire, les leaders européens ont choisi le traité de Lisbonne pour poursuivre les réformes que la constitution devait établir.

La présentation peur claire du traité de Lisbonne avait pour but d’encourager les peuples d’Europe à croire que rien de substantielle n’était ajouté et que le traité ne concernait que quelques révisions de procédure pour permettre à l’Union Européenne de travailler plus efficacement. Les médias et le monde politique irlandais n’ont cessé de le répéter, même si l’ancien premier ministre Garret Fitzgerald observait que « l’incompréhension a remplacé la simplicité comme méthode d’explication des réformes européennes. Les changements que l’on se propose de faire aujourd’hui dans le traité ne sont que de l’habillage qui n’ont aucun effet pratique. Ils sont destinés à permettre aux gouvernements de vendre aux peuples les ratifications via l’action parlementaire plutôt que par des référendum. » Cette stratégie a été très efficace et de nombreux pays ont pu ratifier le traité avec les parlements. Cependant, un sondage du 5 juin et un autre à la sortie des urnes ont montré qu’en ceci résidait la raison principale du vote négatif des irlandais.

Le contenu du traité de Lisbonne révele à la fois le manque d’honneteté et les pratiques antidémocratiques des élites européennes, mais aussi le futur qu’ils envisagent pour l’Europe. Les propositions du traité de Lisbonne pronent la prolifération militaire, une Europe centralisée et peu démocratique, et une influence toujours croissante du néolibéralisme et de l’influence des grandes sociétés dans les affaires européennes.


Que signifie Sarah Palin pour la gauche américaine ?

septembre 7, 2008 par castorpolitique

Cet article est un « commentaire du jour » de Zdnet, publié sous le titre What does Sarah Palin Mean for the left ? et écrit par Eric Patton.

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Le choix de Sarah Palin par McCain est déroutant pour les libéraux. En fait, c’était un choix brillant. Je ne sais pas si Karl Rove a été consulté sur ce coup de génie, mais peu importe, la droite adore Palin.

Mais comment la gauche doit-elle la gérer ? Cela dépend de quelle gauche nous parlons. La gauche libérale des classes supérieures ne sait que faire, et même si on lui disait comment agir — ce que je vais faire dans un instant — elle ne le ferait pas.

Pour la gauche radicale, cette question n’a pas réellement de sens. Les lecteurs réguliers de Zmagazine savent déjà pourquoi, mais si ce n’est pas votre cas, je vais aussi l’expliquer.

Les libéraux pensent que l’expérience signifie quelque chose. Ce n’est pas le cas. Personne en dehors des dirigeants y accorde la moindre importance. Le fait que McCain ait parlé de l’inexpérience d’Obama n’a aucun rapport. McCain devait dire quelque chose mais tout le monde s’en foutait et l’équipe de McCain le savait parfaitement.

Comme les problèmes économiques ne veulent rien dire non plus (ils ne sont pas autorisés à signifier quelque chose), les élections se résument à l’empathie et la sympathie des candidats (1). Sarah Palin est la plus proche de l’américain moyen des quatres candidats. Et contrairement à ce que pensent les libéraux, elle est plutôt intelligente.

Donc, quelles solutions pour les libéraux ? Ce que les radicaux répètent depuis toujours : aller à gauche. Même avec toutes ses affaires, John Edwards aurait été un meilleur choix que Obama. Et oui, Edwards n’est pas à gauche. Mais au moins, il parlait aux travailleurs, et il leur donnait des raisons de voter pour lui. Obama ne le fait pas . D’ailleurs, même la classe des dirigeants démocrates vote pour lui pour l’unique raison qu’il est démocrate et à moitié noir.

Si Obama avait proposé un système de santé étatique à la canadienne, le choix de McCain n’aurait pas eu d’importance. Mais bien sûr, avec un tel programme, Obama n’aurait jamais obtenu la nomination à la tête du parti démocrate car il n’aurait pas eu l’argent pour rester dans la course et aurait été traité par les médias comme un perdant dés le premier jour.

Cependant, se rapprocher de la gauche n’est pas seulement une question de programmes (même si c’est partiellement vrai). Regardez les républicains : James Dobson, le gars de « Concentration sur la famille », sur lequel les chrétiens fondamentalistes se pâment, n’accordait qu’un soutien timide, au mieux, à McCain, avant qu’il ne choisisse Sarah Palin. De l’autre côté, le Groupe des Progressistes pour Obama soutenait Obama même lorsqu’il ne le désirait pas.

La droite s’arrange pour que les républicains aient à gagner leur support. Ils ne s’abaissent pas ni ne prient. Alors que la seule chose que semble savoir faire la gauche est se plaindre, se courber, s’abaisser et prier.

Si nous devons choisir, plutôt que de soutenir le candidat qui a obtenu la nomination du parti démocrate, une meilleur stratégie — si nous voulons réellement gagner— est de choisir un candidat comme Kucinich (que je n’aime pas particulièrement pour des raisons qui sont au delà du sujet de cet essai, mais qui est sans doute le plus à gauche des démocrates) et de le soutenir fortement pendant les deux années qui précédent la nomination.

Laissez-moi le dire d’une autre manière : supposons que McCain gagne, ce que je pense probable. Si nous devons soutenir quelqu’un, alors commençons en décembre 2008 en vue des élections de 2012. Vérifions que Kucinich prévoie de se représenter. Si c’est le cas, alors créons tout de suite un site web des Progessistes pour Kucinich, bougeons nous le cul pendant quatre ans, et regardons ce qui se passe.

Pourquoi les Progressistes pour Obama ne l’ont-ils pas fait ? Parce que pour eux, ce n’est pas une question de changement, c’est juste une question d’élire des démocrates, l’équipe maison. C’est seulement un problème de couleur du gang. Alors qu’Obama prenait son tournant vers la droite (prévu par la gauche), l’écrivain gauchiste Paul Street interrogea des supporters d’Obama pour savoir jusqu’où il pouvait aller à droite. La réponse fut, comme il se doit, que cela ne faisait pas de différence.

Je suis à peu près sûr que si Obama avait exprimé la volonté de construire un camp d’extermination à coté de la ville de Kansas, les Progressistes pour Obama auraient continué à le soutenir. Vous pensez que je suis dur ? Pourtant, l’Amérique a déjà de très beaux camps d’extermination en Irak et en Afghanistan et Obama ne semble pas s’en soucier, et ses supporters ce se soucient pas qu’il ne s’en soucie pas. A moins que vous ne pensiez qu’il y ait une sorte de différence qualitative entre les gens des grandes plaines et ceux du moyen-orient (2), il me semble difficile de nier la présence d’un soupçon du fantome d’Hitler là-dedans.

Mais bien sûr, même si la gauche se prépare pendant 4 ans et essaye de construire un soutien massif pour Kucinich, ça ne marchera toujours pas. La droite peut avoir ses favoris mais à la fin, peut importe : la personne élue doit encore embrasser la bague du parrain pour gagner son affection. Si elle ne le fait pas, alors il y a des répercussions. Clairement, si les libéraux désiraient le changement — et nous avons vu qu’ils ne le veulent pas, ils doivent cesser d’agir comme une épouse abusée et dépendante et commencer à agir comme une personne responsable et indépendante qui doit gagner le respect ou casser la relation.

Donc, finalement, comment doivent agir les radicaux à propos de Palin ? La même chose que ce qui aurait dû être fait dés le début : dénoncer la structure de la société, soulever le fait que de meilleurs personnes au sommet d’une institution barbare ne va pas rendre l’institution moins barbare. Bien sûr, comme le dit Noam Chomsky, de petites différences aux USA peuvent faire de grandes différences en-dehors de l’amérique en raison du poids dominant du pays dans les affaires du monde. Ces différences sont effectivement importantes.

Mais le système est pourri, et c’est le système qui doit changer. Les démocrates aussi sont des criminels de guerre. Peut-être qu’à court terme, des criminels moins criminels sont préférables. Mais ils resteront barbares car le système impose qu’au sommet de la hiérarchie, les dirigeants soient des criminels de guerre. Si vous avez un cancer et que le docteur vous donne de la morphine, alors c’est correct. Mais si il vous en donne sans soigner le cancer, alors vous n’avez pas besoin d’être une lumière pour conclure.

Quelle est la solution ? Un traitement complet est au-delà des buts de cet essai. Mais je dois indiquer ce qui sera à la base de toute solution : l’économie participative. Une grande partie du problème est le capitalisme. Le dirigisme soviétique n’est pas la solution. Mais l’économie participative l’est. Et je continue à dire que sans elle, les Etats-Unis continueront d’être gouvernés par des criminels de guerre.

(1) Je n’ai pas su traduire autrement likeability.

(2) jeu de mots entre Midwest Middle East.

Les USA tentent de « légaliser » l’occupation permanente de l’Irak

septembre 2, 2008 par castorpolitique

Ce texte est une traduction d’un article de Z Magazine de juillet-aout 2008 paru sous le titre U.S. Trying to « Legalize » Permanent Occupation of Irak, et écrit par Phyllis Bennis.

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Depuis le début du mois de juin, l’administration Bush a intensifié son effort pour rendre permanente l’occupation en Irak en essayant de contraindre le gouvernement irakien pro-américain à signer un soi disant accord bilatéral — ce que la maison blanche aimerait appeler un « Accord sur les Statuts des Forces Américaines » (ASFA). L’administration se bat pour que tout soit finit avant le 31 juillet. Mais l’Irak résiste et le premier ministre pro-américain Nuri al-Maliki ainsi que l’influent ayatollah chiite Ali Al-Sistani ont indiqué leur forte opposition au texte. Malgré tout, les efforts américains perdurent.

La raison du sentiment d’urgence qui occupe l’administration américaine est l’expiration le 31 décembre 2008 du mandat des Nations-Unies. Ce mandat, que les USA ont obtenu d’un rétif mais faible conseil de sécurité a transformé la coalition américano-anglaise en une force multinationale sous mandat onusien, donnant un verni de légimité à une occupation qui sinon aurait été illégale. En particulier, le premier janvier 2008, quelques 150 000 soldats américains risquent de perdre leur immunité.

L’administration Bush affirme que l’accord qu’ils tentent d’imposer ne sera pas un traité et donc ne nécessite pas de vote du sénat. Ils essayent d’en faire un ASFA analogue à ceux qui régissent les troupes américaines d’en d’autres pays — le pentagone possède plus de 1000 bases à l’étranger.

Mais ces pays — comme l’Allemagne et le Japon — ne sont pas en guerre. Les ASFA ne donnent pas le droit aux troupes américaines d’arrêter un citoyen allemand ou japonais et de le détenir indéfiniment sans charges. Elles ne donnent pas aux troupes américaines et aux mercenaires américains l’immunité complète contre les lois locales. Elles ne donnent pas le droit aux américains de superviser la police allemande ou japonaise, ni les ministères de la défense. Enfin, elles n’autorisent pas les troupes américaines à lancer des attaques dans ces pays ou d’autres sans consulter les gouvernement locaux.

L’accord proposé par le gouvernement américain à l’Irak autorise tout cela et bien plus. Bien que le texte n’ait pas été rendu public, des fuites (dans la presse arabe et anglaise) indiquent que dans cet accord,

  • les troupes américaines resteront indéfiniment, en nombre déterminé par le gouvernement américain et avec des troupes et des sociétés de sécurité privées ayant l’immunité envers les lois locales;
  • les troupes américaines peuvent lancer des attaques en Irak sans prévenir le gouvernement irakien;
  • les USA pourront conserver 58 bases militaires en Irak, incluant 5 méga-bases, indéfiniment;
  • les ministères de la défense, de l’intérieur et de la sécurité nationale resteront sous supervision américaine pendant dix ans;
  • les américains ont le droit de considérer que toute action par un autre pays (lire : Iran) constitue une menace pour l’Irak, et les américains ont le droit de répondre à cette menace pour protéger l’Irak;
  • les USA contrôlent l’espace aérien de l’Irak.

On doit aussi noter que tous les plans de l’administration Bush pour maintenir la colonisation économique — à travers le contrôle des fonds pétroliers, les pratiques commerciales, la privatisation, etc — restent en place. Cependant, en raison de la date limite du 31 décembre, le débat s’est focalisé sur les questions de sécurité et non sur la volonté américaine d’obtenir un traité plus large entre les USA et l’Irak.

Jusqu’à présent, face à l’opposition populaire et parlementaire, le gouvernement irakien a indiqué qu’il ne signera pas l’accord. Le 12 juin, Maliki lui-même a exprimé son opposition contre certains aspects du texte. Le parlement irakien, plus proche de la population malgré qu’il ait été élu grâce à la protection américaine, s’est opposé encore plus vigoureusement à l’accord. Des parlementaires de tout bord ont envoyé une lettre au congrès exprimant leur volonté de « ratifier un traité qui ferait cesser les interventions américaines dans les affaires intérieurs irakiennes et restaurerait l’indépendance et la souveraineté de l’Irak sur son propre sol. » Nadeem al-Jaberi, l’un des parlementaires irakiens qui était en visite à Washington en juin, a indiqué lors d’une audition par le congrès que « l’anarchie et le chaos sont dus à l’occupation et non à un quelconque retrait d’Irak. »

En réponse à la résistance irakienne, l’administration Bush retient 50 milliards de dollars provenant du pétrole irakien et déposés à la réserve fédérale de New-York.

Il y a de grandes chances que si l’administration Bush ne modifie pas le contenu de l’accord, il sera rejeté par le gouvernement irakien. L’opposition du premier ministre al Maliki vient principalement de sa faible crédibilité vis-à-vis de la population, crédibilité qui disparaîtrait totalement s’il approuvait l’accord. Alors que les élections régionales vont avoir lieu à l’automne, les partis irakiens tentent de gagner en popularité en clamant leur opposition à l’occupation américaine.

Mais quelques soient les motivations, si le gouvernement irakien refuse de signer le nouvel accord, alors l’occupation deviendra illégale dés le premier janvier 2008. Les troupes américaines et les mercenaires deviendraient vulnérables aux lois irakiennes, ce qui ne manquerait pas d’avoir de grandes conséquences en politique intérieure.

Comme l’occupation est injustifiée, ce serait une bonne chose. Le reconnaître pourrait forcer le gouvernement à rapatrier les troupes et à fermer les bases. Mais c’est improbable. Il est clair que Bush et son successeur ont l’intention de garder des dizaines de milliers de soldats (ou plus) en Irak pendant encore des années.

Pour éviter que que l’occupation ne devienne illégale, il existe un plan B. Le gouvernement irakien devrait retourner devant le conseil de sécurité pour demander une extension du mandat onusien déjà existant, malgré qu’il soit explicitement mentionné que le mandat actuel doive être le dernier.

Certains pays du conseil de sécurité — dont l’Afrique du Sud, la Libye, l’Indonésie, peut-être le Vietnam et parmi les membres permanents, la Chine et la Russie — seront probablement hésitants à fournir cette légitimité onusienne et l’immunité aux troupes occupantes. Mais il y a peu de raisons de penser que ces pays, à l’exception peut-être de l’Afrique du sud, veuillent résister à la pression américaine.

Les pays européens du conseil — Angleterre, France, Italie, Croatie et Belgique — continueront sans doute à suivre les britanniques, malgré l’opposition historique de la France ( tous ces pays sont aujourd’hui dirigés par les gouvernements de droite pressés de maintenir de forts liens avec les USA).

Le congrès est significativement opposé au traité bilatéral de l’administration Bush. La plupart des critiques portent sur le droit du congrès d’être consulté sur l’accord et prétendent que cela risque de lier les mains du prochain président. Il existe aussi une opposition substantielle à l’existance de bases permanentes mais malheureusement pas à l’existance d’autres bases ni au maintien de nombreuses troupes en Irak. Certains opposants importants se focalisent sur le seul problème de légitimité d’un traité signé sans l’accord du congrès. Par conséquent, ces derniers sont partisans d’une extension du mandat onusien protégeant les troupes américaines des lois irakiennes sans nécessairement désirer retirer ces troupes d’Irak.

Le plus inquiétant concerne néanmoins la possibilité que les Etats-Unis arrivent à imposer leur volonté aux Nations-Unies comme ils l’ont fait pendant 63 ans. L’ONU n’a résisté qu’une seule fois, lors de l’invasion de 2003 et alors que les pays du conseil de sécurité étaient sous la pression d’un opinion mondiale largement opposée. Elle avait alors suivie sa charte et conservé son intégrité. La véritable question est comment faire pour que cela arrive encore une fois ?